
CODE R.O.S.E
Extraits
Préface
Si un jour tu rejoins mon combat, ce ne sera pas facile, mais tu auras mon récit pour que tu puisses te souvenir qu’un jour, tu brilleras. La maladie est laide, pourtant elle à la capacité de révéler votre beauté si on s’immerge de toutes les vérités qu’elle nous transmet. Alors oui c’est injuste, alors oui tu peux être en colère contre le monde, alors oui tu vas pleurer, beaucoup, de peur, de désespoir et de douleur. Si tu n’as personne à qui tenir la main, souviens toi que je suis là dans un coin. Je te comprends jusqu’au bout des seins, je te comprends par delà le corps. Je suis là pour raconter mon histoire, pour qu’il puisse y avoir ce brin d’espoir dans cette nuit noire de l'âme.
Si un jour, tu es celui qui accompagne ce combat, ce ne sera pas facile, mais tu auras mon récit comme guide. Ne sois pas naïf, sois franc, prends le combat à bras le corps. Soutien et écoute. Soit un paratonnerre, pieds dans la terre et le cœur ouvert pour laisser entrer le ciel et ses consolations.
Sois ses jambes quand elle ne tiendra plus debout. Coupe ses cheveux en embrassant crâne et visage. Accepte que rien ne sera plus jamais pareil, si tu crois le contraire tu es dans le déni. N’ai pas peur du changement, lui est bon, ai peur du silence. Je suis là pour raconter mon histoire, peut être qu’elle te permettra de mieux la comprendre. Ton impuissance est illusoire, ta présence est une guérisseuse dont tu ne soupçonnes pas la magie.
Il paraît que tout est fait pour une raison, que l’univers à un plan pour chacun de nous. J’ai mis longtemps à comprendre ce plan. Aujourd’hui, j’ai déchiffré et je déchiffre encore les messages de ce corps qui à mendier mon attention. Ouvrez-la toute première page avec moi. Vous ne comprendrez sans doute pas tout. Ce n’est rien, c’est que le message n’est pas pour vous. Apprends de ce chemin pour que les tiens n'aient pas à le creuser.
Dans le dictionnaire des codes biologique des maladies, réalisé et complété par l’asbl Téligaté (sous la supervision d’Edouard Van Bogaert),
page 585,
j’ai lu,
Seins (cancer).
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“ Femme qui dans l’enfance ou l’adolescence a été chassée du nid familial par ses parents ou son mari ou dont les enfants ont été chassés par le père ou le beau père. L’absence d’enfant ou le désir d’enfant est la solution parfaite du cerveau pour éviter qu’ils ne soient chassés du nid.
Mon cancer s’est logé devant sur le sein droit, à 3,8 cm. La deuxième semaine, il avait grossit à 5,5 cm. J’étais déjà au stade trois.
“ le lait humain dont la composition diffère de celle des autres laits mammifères est produit à l’étage du cœur (amour) et des poumons (souffle de vie) et permet un développement inédit du cerveau”.
“vouloir tout donner pour tout sauver”
Mastectomie :”coupe démon”(des monts)- Les femmes pour qui la mastectomie est inconcevable stimulent leur conflit.
...
Uzès
En y repensant, il est ironique de débuter cette histoire dans cette ville dite : chargée d’histoire.
Sans doute qu’un matin, aux prémices de mon réveil, une idée m'a été soufflée à l’oreille. Rejoindre ce jardin immense qui porte l'énergie de “Il était une fois”. Rien de magique, rien de tendre. Pourtant, si irréel que l’on pourrait croire à l’un des feuillets de ce cher monsieur Grimm. La magie est implantée dans la beauté qui fait parure à la salissure du passé. Dans mes souvenirs, il est inscrit dimanche 12 février 2023. Une date que l’on n’oublie pas. Elle revient plus tard comme un plan d’exposition cinématographique énigmatique qui revient à la fin du film pour dire : voilà, le puzzle s’est recollé. J’écris que c’est à moi que cette idée a été soufflée. C’est faux. Mon mari, étendu à mes côtés :
-
Uzès, ça te dit ? Il fait grand soleil, ça pourrait nous faire du bien de faire une petite pause et de se retrouver tous les deux ?
Se blottir dans les bras de sa sérénité et congédier tous les tracas du quotidien. Seulement, aujourd’hui, je sais que cette escapade était inévitable. Dans mon sommeil, j’imagine que l’on m’avait soumis l’envie d’y aller, tout en sachant que je serais trop sourde encore pour l’initié. Mon mari a pris dès le départ la place du guerrier à mes côtés. En armure, son sourire et ses yeux heureux. Tendez l’oreille, les bruissements des feuilles s'accordent sur une même mélodie. La place aux herbes obombre nos visages dans une tendre fraîcheur. Les arbres semblent élever leur poitrine vers le ciel, comme s’ils prenaient une douce inspiration après les jours emplis de grisaille. Le printemps n’est plus si loin, l’hiver colle encore nos peaux à la manière des dernières vagues à l'âme des soirs d’orages. Il était peut-être encore un peu trop tôt pour se réjouir de la venue des moineaux. La fontaine se loge au centre d’architecture médiévale, elle garde ce cœur pétillant du partage entre les habitants. Elle est le siège des fêtes, des marchés, des rencontres et des échanges. Elle a été le siège du feu grégeois qui s’est annoncé en moi. J’avais un nouveau portable à ce moment-là. Je me souviens avoir dit :
-
Pourquoi ne pas faire de belles photographies ?
J’ai regardé mon mari avec beaucoup d’amour et d’attention.
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Tu sais chéri, je suis dans ma plus belle vie. Je suis heureuse de ma vie personnelle, dans ma vie professionnelle, dans tout je suis heureuse. J'adore la vie et depuis toute jeune, je suis une passionnée de la vie. Je suis rarement malade. Je souris tout le temps.”
Il a répondu.
-
Chérie, on est chanceux, on a une très belle vie, de beaux enfants, une belle qualité de vie à Montpellier, on a tout pour être heureux. Je t’aime chérie”.
Vous voyez ce moment où vous avez à nouveau quinze ans ? Vous êtes là, tout deux, idiot et amoureux à vous tordre dans tous les sens pour apparaitre sous le meilleur angle dans le même cadre. A chercher le beau sourire ou la plus mignonne des grimaces. Vous avez les passants qui s’échangent les passages derrière vous et vous ignorez si le monde chante ou bien s'il chuchote. Tant que vous êtes adolescent, les papillons iridescent dans le ventre, les pommettes rosées par les baisers. Enfin, arrive l’instant de celle qui grave cette journée dans la boîte imaginaire à éternité. Elle est magnifique. Génération oblige, je la partage alors sur
instagram. Je la souligne de cette phrase-ci :
“Il suffit juste de l’amour de la joie et de la sérénité, que demander de plus ?”.
Simple phrase qui défie le bonheur établi.
Brûle brûle sur le papier, petite phrase qui signe l’arrêt de la paix.
Je voudrais ne jamais t’avoir prononcé.
Puisque mon calme est à renoncer.
Sans savoir où la maladie va me guider,
Je désespère de cette misérable ironie.
Si j’avais su que me suffir de la beauté de la vie me coûterait la mienne je me serais tué.
Injustice est de mise et mon chagrin s’immisce sous mes plaies.
Univers, fais ce qu’il te plait tant que tu me laisses aimer encore de longues années.
Je ne comprends pas encore s’il faut t’affronter ou bien t’enlacer.
Entre vous et moi, tout cela semble prophétique. Pourtant, tous les mots sont retranscrits à l’identique de ma mémoire. Nous sommes rentrés et je me suis sentie dotée d’une tranquillité sans pareil pendant une semaine.
Ce que je n’avais pas encore entendu, c’est cette petite voix de l’univers qui me chuchote “ tu n’es pas dans ta plus belle vie, tu vas arriver à ta plus belle vie”.